L’Ecole des femmes, Molière

L’Ecole des femmes est une comédie de Molière représentée pour la première fois en 1662.

Arnolphe prétend qu’une femme ne peut être sage et vertueuse qu’autant qu’elle est ignorante et niaise. Aussi, pour avoir une épouse à sa guise, il fait élever sa jeune pupille, Agnès, au fond de sa maison, sous la garde d’un valet et d’une servante aussi niais qu’elle.

La jeune Agnès, qui a été élevée dans la plus grossière ignorance, se fatigue bientôt de l’isolement où on la retient. S’étant mise un jour à la fenêtre, elle aperçoit un beau jeunehomme qui la salue ; elle, qui ignore jusqu’aux plus simples convenances, rend le salut qu’on lui fait et se laisse bientôt prendre au bel air et aux belles paroles du jeune Horace. On rit du supplice où tes confidences d’Horace mettent le pauvre Arnolphe qui finit par faire pitié, tant il est puni de son système d’éducation.

J’ai beaucoup ri en lisant cette pièce. Molière maîtrise le langage. Cette pièce est une satire ironique où règnent les jeux de mots, les sous-entendus, les jeux propres à la double énonciation.

Photo Laura Mariani (mise en scène Philippe Adrien)

L’Ecole des femmes est une pièce terriblement moderne. L’éducation des femmes est un sujet toujours actuel. Je pense notamment à Malala Yousafzai, dernier prix Nobel de la paix qui milite en faveur de l’accès à l’éducation pour toutes les femmes du monde. Les Maximes du mariage lue par Agnès retentissent assez bien avec les derniers événements qui se sont produits et renvoient à une religion extrémiste : les femmes ne doivent pas être bien parées pour les autres, elles ne doivent entrer dans aucun rapport de séduction, elles ne doivent pas avoir accès à l’éducation, etc. Bref, le thème traverse les siècles et est encore profondément moderne. Quatre siècles nous séparent de Molière mais les satires qu’il réalise sont – malheureusement – encore d’actualité.

Concernant le style, la pièce est écrite en vers, en alexandrins. Cela donne un effet naturel et permet de rythmer le texte. Une fois les premières répliques lues, on rentre très facilement dans l’intrigue. D’ailleurs, on est placé in medias res dans le cœur de l’action : Arnolphe explique à Chrysale qu’il a fait acquisition d’une jeune fille non-instruite, sa nièce et il compte épouser celle-ci. Arnolphe est le personnage-type, très « molièrien » :  il est caractérisé par différents types de comique (gestes, langages) et est LE ridicule de cette pièce. Chrysale, lui, semble doté d’une fonction moralisatrice. Il semble représenter le public et même Molière puisqu’il dénonce le comportement ridicule d’Arnolphe.

D’ailleurs, en parlant de Chrysale, je n’ai pas trouvé qu’il était un personnage convaincant. Il ouvre la pièce et la clôt par sa présence mais aussi par son rôle. Entre temps, nous ne le voyons pas mais cela ne m’a pas dérangé. Sa fonction finale, d’entremetteur, m’a gêné car la manière dont se clôt la pièce est un peu exagérée. C’est bien évidemment une spécificité du théâtre de Molière : une fois la satire exécutée et la situation éclairée, il faut que la pièce se termine et cela s’est fait assez (trop) rapidement je trouve.

Outre cela, j’ai apprécié la pièce et ai ri tout en éprouvant de la compassion pour Agnès. La scène qui illustre la virtuosité comique est celle du ruban. Arnolphe est victime d’un quiproquo à propos d’un ruban qu’Agnès aurait donné à Horace, son amant (qui ne connait ni les desseins d’Arnolphe ni la situation d’Agnès). Je vous retranscris le passage :

ARNOLPHE – Ne vous a-t-il point pris, Agnès, quelque autre chose?

(La voyant interdite.)

Ouf!

AGNES – Eh! il m’a…

ARNOLPHE – Quoi?

AGNES – Pris…

ARNOLPHE – Euh?

AGNES – Le…

ARNOLPHE – Plaît-il?

AGNES – Je n’ose,
Et vous vous fâcherez peut-être contre moi.

ARNOLPHE – Non.

AGNES  -Si fait.

ARNOLPHE – Mon Dieu! non.

AGNES – Jurez donc votre foi.

ARNOLPHE – Ma foi, soit.

AGNES – Il m’a pris… Vous serez en colère.

ARNOLPHE – Non.

AGNES – Si.

ARNOLPHE – Non, non, non, non. Diantre! que de mystère!
Qu’est-ce qu’il vous a pris?

AGNES – Il…

ARNOLPHE, à part. – Je souffre en damné.

AGNES – Il m’a pris le ruban que vous m’aviez donné.
A vous dire le vrai, je n’ai pu m’en défendre.

Cet extrait illustre bien, je trouve, l’humour de la pièce, les jeux de langage, les quiproquo, la double énonciation, le comportement exagéré d’Arnolphe. Le rythme est rapide est ne s’ennuie pas en lisant cette pièce. Les deux valets, Alain et Georgette, apportent également une dimension comique non négligeable. Ils semblent sortis directement de la commedia dell’arte et avec eux, on ne cesse de rire. Ils sont en total décalage vis-à-vis des situations.

Photo Laura Mariani (mise en scène Philippe Adrien)

En résumé, c’est une pièce que j’ai beaucoup appréciée pour sa modernité et sa fraîcheur. Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Aimez-vous Molière ? Avez-vous vu des représentations de cette pièce ?

Nos étoiles contraires, John Green


Avant de rédiger ses premières lignes, je me suis interrogé : est-ce la première fois qu’un livre m’a fait pleurer ? Il semblerait que oui… Mes lectures (mes meilleures lectures, plutôt) ont toujours provoqué en moi des sentiments allant du rire à la tristesse mais, jamais je n’avais pleuré.

Cela faisait longtemps que j’entendais parler du roman de John Green, Nos étoiles contraires. Ma lecture a été motivée après qu’on m’a offert ce livre, pour mon anniversaire. Je n’ai jamais vu le film et ne connaissais que le sujet : le cancer. D’ailleurs, pour avoir, dans mon entourage, des amis atteints ou morts de cette put*** de maladie, j’avais peur de tomber dans un roman où le cancer serait traité comme quelque chose d’horrible, de pathétique et que, finalement, la lecture ne soit qu’un cliché.

Mais Nos étoiles contraires n’est pas ce genre de roman. C’est avant tout l’histoire de Hazel Grace, jeune femme, atteinte d’un cancer des poumons. La forme du livre oscille entre un journal intime et un roman racontée à la première fois. La protagoniste étant majeure le style n’est pas enfantin. D’ailleurs, mêmes si les héros sont jeunes, on ne tombe pas dans un style adolescent et lourd.

La maladie est d’ailleurs évincée par l’extrême maturité des deux personnages principaux, Hazel et celui qui deviendra son amoureux, Augustus Waters.  Augustus, dit Gus, est le garçon – lui aussi atteint par le cancer – qui fera prendre conscience à Hazel de profiter de la vie, de jouir de ses plaisirs. S’ensuivent une romance et une réflexion sur les êtres assez fortes. Tout est sujet à réflexion et nous voyons le monde autrement. Les deux amoureux ne cessent de se tirer vers le haut : ils sont la force de ce roman.

Hazel est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu’elle s’y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d’autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l’attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie.

Ce récit est fort en espoir, en amour, en rires et en peine aussi. La lecture transporte le lecteur dans un tourbillon de sentiments tous aussi forts les uns que les autres sans tomber dans le registre pathétique. Comment ne pas être ému par l’histoire de ses combattants valeureux ?

John Green nous a offert un roman sensible, poignant, lumineux, intelligent qui ne peut que nous toucher. La fin du roman illustre les différentes sensibilités du roman. On termine sur une touche d’espoir et d’amour : une belle leçon de la vie.

Et vous, qu’avez-vous pensé de ce roman ? Avez-vous le film ? Si oui, l’avez-vous trouvé fidèle au roman ?

Challenge littéraire : XVIIIe siècle

Après avoir lu la chronique de La Religieuse de Diderot par Charlotte, je me suis dit que cela faisait quelques temps que je n’avais pas lu, pour le plaisir, une oeuvre du XVIIIe siècle. La dernière remonte à septembre et c’était Candide de Voltaire que j’ai étudié avec mes élèves. Quant à ma culture personnelle, les lectures dix-huitièmistes remontent à plus d’un an. C’est ainsi que m’est venue l’idée de créer un challenge littéraire dédié au XVIIIe siècle.

littérature 18e challenge

Ce challenge a lieu pour l’année 2015, il prendra fin le 31 décembre à 20h.

Trois niveaux sont proposés :

  • Mini-challenger : 1 à 2 livres
  • Moyen-Challenger : 3 à 5 livres
  • Big-Challenger : + de 5 livres

Si vous souhaitez vous inscrire, laissez un commentaire, publiez un billet sur votre blog pour annoncer le challenge et donnez ici les liens vers vos billets sur les romans. Le récapitulatif se trouvera sur cette page même.

Si vous avez déjà chroniqué récemment une oeuvre du XVIIIe siècle, vous pouvez donner le lien !

Pour ma part, je rejoins les Big-Challenger !

L e s     C h a l l e n g e r s

Mini-challengers

Moglug

Moyen-challengers

Big-challengers

Carles

Pas Pleurer, récit de la guerre civile

Deux voix entrelacées.
Celle, révoltée, de Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les Nationaux avec la bénédiction de l’Église contre « les mauvais pauvres ».
Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et « mauvaise pauvre », qui a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours enchantés de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne, des jours qui comptèrent parmi les plus intenses de sa vie.
Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent et qui font apparaître l’art romanesque de Lydie Salvayre dans toute sa force, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, porté par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée.

 Pas Pleurer, dernier Prix Goncourt 2014, est un roman de Lydie Salvayre. Ce récit a tout pour me plaire. Le thème, la guerre civile espagnole, me passionne : tout comme la littérature concentrationnaire, c’est quelque chose qui m’émeut et qui permet une réflexion profonde sur la nature humaine et sur l’Histoire. Le style du roman reprend ce que, en littérature, nous nommons le « skaz » : il s’agit de l’utilisation du langage parlé. Ici, ce n’est pas l’auteure-narratrice qui parle mais c’est la voix de sa mère, Montse, qui s’impose. A cette voix se mêle le point de vue externe de Bernanos qui, lui aussi, vit la guerre civile. Bernanos vient ponctuer la vision de la mère, qui n’a pas assez de recul par rapport au événements. Nous avons donc deux représentations de l’événement à travers deux points de vue différents : un interne, un externe.

Je vis dans une région marquée par la guerre civile. De nombreux amis ont leurs grands-parents qui ont dû s’exiler. On retrouve dans ce roman un mélange des mots espagnols francisés, des expressions espagnoles typiques. Je pense qu’un non-hispanophone aura du mal à cerner l’histoire et à adhérer à ce style.

L’histoire est émouvante et les images convoquées sont simples mais puissantes. On sent que l’auteure y a mis ses émotions, son vécu et a rendu hommage à sa mère.

Citation : 

Montse n’est jamais sortie, pour ainsi dire, de chez elle. Elle n’a jamais lu de romans d’amour qui instruisent les adolescents sur les choses du sexe et les autres. Elle a grandi dans une famille puritaine, campagnarde et totalement ignorante du monde, persuadée que toutes les épouses devaient, par décret, la boucler, persuadée que tous les pères de famille étaient autorisés, par décret, à cogner femme et enfants, élevée dans la crainte de Dieu et du diable qui prend mille masques trompeurs, mon enfant, et parfaitement dressée à obéir et se soumettre.

Malgré un style décalé et une histoire qui me plaisait, je n’ai pas aimé ce roman. Je n’ai pas adhéré au mélange des voix ni au style parlé (qui ne me dérange pas dans d’autres romans). J’ai trouvé qu’il manquait quelque chose au récit, qu’il était inachevé. Sa singularité est son point fort mais aussi son point faible : en se démarquant par le style, Lydie Salvayre plaît ou non !

Je suis tout de même tenté de lire un autre de ses romans, pour voir si le style que je n’ai pas trop apprécié est propre à Pas Pleurer, récit à valeur biographique ou si elle varie les effets.

Bel-Ami ou le roman du séducteur

Comme Charlotte du blog U lost control, j’aime les « classiques », ces romans qui traversent les siècles pour nous livrer toute leur beauté et leur magie. Pour moi, ce ne sont pas des romans pénibles à lire, bien au contraire : je les trouve parfois bien plus riches et divertissants que certaines publications actuelles… C’est dans cette optique que je souhaite vous parler du roman Bel-Ami de Maupassant.

Alors que Georges Duroy erre dans la capitale sans un sou en poche, il rencontre un ancien camarade de régiment, qui lui propose de devenir journaliste à La Vie française… Ainsi commence Bel-Ami (1885), l’histoire d’une ambition assouvie à travers l’argent et les femmes dans le Paris fastueux des années 1880. Cynisme d’une presse en plein essor, corruption politique, stratégie amoureuse, vanités mondaines : cette plongée impitoyable dans la société parisienne de la fin du XIXe siècle fait de Bel-Ami le roman le plus balzacien de Maupassant.

La première fois que j’ai lu ce roman, j’étais en classe de seconde. Je gardais de cette lecture un très bon souvenir : j’avais adoré l’univers « réaliste » du roman, l’ascension du personnage et surtout, le style de Maupassant que je trouvais sobre, sans fioriture et très bien travaillé. Mais, quand on a quinze ans, on passe à côté de certaines choses…

 En le relisant récemment, j’ai redécouvert tout ce que j’avais aimé. La relecture a même été une révélation : j’étais passé à côté de tellement de points… Le côté séducteur de Georges Duroy, le personnage central, ne m’avait pas semblé si forte. Mais Georges qui sera rapidement surnommé Bel-Ami (par la fille de Mme de Marelle), est d’abord un chasseur de femmes, peu habile (on se rappelle de Suzanne, la prostituée). Puis, en montant peu à peu les marches de l’échelle sociale, Duroy devient un conquérant. Il ne conquière pas seulement les femmes mais aussi le pouvoir et l’argent. C’est un personnage calculateur, manipulateur qui est presque attachant. Tous les personnages l’entourant ne connaissent pas la même réussite. D’ailleurs, en côtoyant Duroy, ils subiront de fort déclin.

L’attitude de Georges Duroy envers les personnes qui l’ont aidé à évoluer nous fait éprouver de la pitié, de la compassion. Après la mort de M. Forestier, Duroy en profite pour se marier avec sa femme, influente, devenue veuve. On éprouve de la pitié pour Forestier fait cocu et traité de tous les noms, une fois décédé, par Duroy. Mme Walter, femme du monde faisant penser à Madame de Tourvel dans Les Liaisons dangereuses, tombe sous le charme de Bel Ami. Ce dernier se comporte vraiment mal et sert d’elle comme d’un objet. L’ambition de Duroy ira même jusqu’à se marier avec la fille de Mme Walter, provoquant ainsi un fort conflit et une force émotionnelle dévastatrice pour l’ancienne maîtresse…

Adaptation du roman Bel-Ami, Maupassant. Film avec Robert Pattinson.

Bref, Bel-Ami est un roman extrêmement moderne qui nous fait suivre des thèmes à succès dans les petits et grands écrans. Il n’est absolument pas lourd à lire, n’est pas pompeux. L’action est toujours présente et on ne s’ennuie pas un seul instant !

Pour clore ce billet, rien de mieux que quelques passages extraits de l’oeuvre. L’écriture parle d’elle-même :

Je n’attends rien… je n’espère rien. Je vous aime. Quoi que vous fassiez, je vous le répéterai si souvent, avec tant de force et d’ardeur, que vous finirez bien par le comprendre. Je veux faire pénétrer en vous ma tendresse, vous la verser dans l’âme, mot par mot, heure par heure, jour par jour, de sorte qu’enfin elle vous imprègne comme une liqueur tombée goutte à goutte, qu’elle vous adoucisse, vous amollisse et vous force, plus tard, à me répondre : « Moi aussi je vous aime. »

et :

Il arrive un jour, voyez-vous, et il arrive de bonne heure pour beaucoup, où c’est fini de rire, comme on dit, parce que derrière tout ce qu’on regarde, c’est la mort qu’on aperçoit.
[…]
Moi, depuis quinze ans, je la sens qui me travaille comme si je portais en moi une bête rongeuse. Je l’ai sentie peu à peu, mois par mois, heure par heure, me dégrader ainsi qu’une maison qui s’écroule. Elle m’a défiguré si complètement que je ne me reconnais pas. Je n’ai plus rien de moi, de moi l’homme radieux, frais et fort que j’étais à trente ans. Je l’ai vue teindre en blanc mes cheveux noirs, et avec quelle lenteur savante et méchante ! Elle m’a pris ma peau ferme, mes muscles, mes dents, tout mon corps de jadis, ne me laissant qu’une âme désespérée qu’elle enlèvera bientôt aussi.
Oui, elle m’a émietté, la gueuse, elle a accompli doucement et terriblement la longue destruction de mon être, seconde par seconde. Et maintenant je me sens mourir en tout ce que je fais. Chaque pas m’approche d’elle, chaque mouvement, chaque souffle hâte son odieuse besogne. Respirer, dormir, boire, manger, travailler, rêver, tout ce que nous faisons, c’est mourir. Vivre enfin, c’est mourir !

Oh ! vous saurez cela ! Si vous réfléchissiez seulement un quart d’heure, vous la verriez.

Qu’attendez-vous ? De l’amour ? Encore quelques baisers, et vous serez impuissant.

Et puis, après ? De l’argent ? Pour quoi faire ? Pour payer des femmes ? Joli bonheur ! Pour manger beaucoup, devenir obèse et crier des nuits entières sous les morsures de la goutte ?

Et puis encore ? De la gloire ? A quoi cela sert-il quand on ne peut plus la cueillir sous forme d’amour ?

Et puis, après ? Toujours la mort pour finir.